Texte par les autres

Thomas Golsenne

Benoit Barbagli m’a révélé l’existence du Réseau-Schumann, Ce maillage d’ondes telluriques qui agirait aussi sur le relief minéral que sur les organismes vivants: il m’a enseigner comment communiquer par télépathie et lire les mots invisible écrit entre les lignes; il m’a démontré qu’o pouvait jouer du piano au fond de la mer.

Camille Frasca

Benoît Barbagli est ce qu’on pourrait appeler un artiste supra-conceptuel. Né en 1988 à Nice, il suit à partir de 2010 les cours de la Villa Arson. Le texte est le liant pour comprendre les œuvres. Et lui permet de satisfaire son insatiable envie d’aller toujours plus loin. Car Benoît aime à trouver les choses infinies, inachevées, « sans bords » comme il le dit. […] On aimerait le classer dans une mouvance post Land art, car ce qui revient souvent c’est la fuite de la galerie, pour courir dans l’espace public. Mais ce serait l’enfermer dans un champ de références dont il ne se réclame pas forcément. Benoît construit sa propre histoire : l’autre aspect crucial dans son travail, c’est la narration. Le langage est pour lui une matière presque plastique, chaque projet contenant un germe narratif qui se constitue et se complexifie à mesure que les idées naissent, vivent et meurent dans la tête de Benoît.

Benjamin Laugier 
 Benoit Barbagli entreprend un travail performatif qui associe ingénierie et poésie.Teintées d’un fort rapport à la nature et aux sciences, ses performances peuvent ainsi être orchestrées par des dispositifs complexes ou ne nécessiter que le plus simple appareil.

Ses Visites peuvent parfois rappeler les postures de Philippe Ramette lorsque lui-même invoque Le Voyageurc ontemplant une mer de nuages de Caspar David Friedrich.

Pour Tide of Trepidation, il attelle un piano à un radeau pyramidal. Relié à un treuil, le piano est immergé pour être joué en apnée. Cet hommage au pianiste suédois Esbjorn Svensson, victime d’un accident de plongée, puise dans les nombreuses sources d’inspiration de Barbagli. La musique tient donc un rôle central y compris lorsqu’elle n’est pas jouée. Toile de fond de certaines actions, elle est souvent induite comme un air qu’on fredonne après une connexion synaptique fortuite.

Ici la terre est un geste a priori simple et romantique qui requiert en réalité une certaine dextérité. Accroché à flanc de falaise, un bras de bronze tient un bouquet de fleurs. Vertige de l’amour du vide.

À l’inverse, Tentacle 115,5° est un tentacule prothétique en latex composé de 128 aimants disposés dans les ventouses selon la suite de Fibonacci soit 2 exposant 7. Nouveau projet d’ascension, celui-ci consiste hypothétiquement à gravir la sculpture de Bernar Venet intitulée 115,5°, installée dans le jardin Albert Ier à Nice.