Un dispositif qui sépare chaque note dans l’espace pour que l’esprit en recompose la musique : réalisé en 2015, à refaire en phyllotaxie.
L’oreille sait distinguer l’intensité d’un son, sa fréquence, mais aussi sa provenance. Un instrument joue sur la différence de fréquence, mais émet depuis un seul lieu. L’entre-chose est née d’une idée : donner à l’une de mes compositions de musique multitonale la dimension de l’orientation sonore, pour observer comment la cohésion musicale, séparée un instant, se reconstitue dans l’esprit. Le dispositif sépare chaque hauteur de note et l’envoie sur son propre haut-parleur : douze haut-parleurs, chacun ne jouant qu’une seule note et ses octaves. Le premier ne produit que des Do, le deuxième que des Do#, et ainsi de suite. Le son, d’abord dispersé, retrouve sa cohésion au centre. La pièce utilisée, Le déploiement de l’eau , est multitonale et arythmique : elle emploie presque également les douze notes de la gamme tempérée, si bien que le son semble venir de toutes parts. Cette première version a été réalisée pendant mes études à la Villa Arson, et elle a très bien fonctionné. La refaire. L’idée est de la reprendre un jour avec des éléments de meilleure qualité et plus de technique : non plus douze notes, mais tout le clavier du piano, huit octaves, soit 96 haut-parleurs, un par touche. Ils seraient répartis selon une phyllotaxie , la spirale de l’angle d’or qui dispose les graines du tournesol, sur une calotte tournée vers l’intérieur : une sorte de grand casque, à l’échelle d’une pièce, autour de l’auditeur. Œuvre à refaire. Le premier visuel est celui de la version de 2015 ; la vidéo en montre le dispositif.