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Tout autour, l’eau – Galerie Eva Vautier – Novembre 2022 – Janvier 2023

Photographie: Sisyphe collectif III, 2021, © Benoît Barbagli, Participants : Aimée Fleury, Diégo Evrard

Tout autour, l’eau

 

Exposition du 26.11.2022 au 14.01.2023

Vernissage le vendredi 25 Novembre à 18h à la Galerie Eva Vautier

Plus l’effondrement frappera fort, plus la joie sera nécessaire.

Ne vois pas dans ces mots, un Don’t look up* détournant le regard des causes, mais bien un outil à usage révolutionnaire. La joie est le liant de nos interactions, une puissance d’agir, de construire collectivement. En rendant possible le commun, elle devient un acte de résistance.

Sans ce commun, la pensée écologique déraisonne. Alors que les limites planétaires sont dépassées une à une, que peut donc la joie ? Que peuvent quelques corps immergé nageant en cercle sous l’eau, sans vêtement, sans outil, sans parole ? Quelques mouvements frénétiques pour atteindre la surface, prendre une respiration et replonger, en apnée, en apesanteur : Tout autour l’eau, tout autour la vie.

À plusieurs, nus, immergés dans l’eau, se déconstruisent les sophistications de notre culture, se redessinent les rapports immédiats dont la nature est le premier lien, omniprésent, indépassable. Lors de la création d’une image, ce n’est ni la composition, ni l’originalité visuelle ou conceptuelle qui est recherchée. C’est la résonance harmonique des liens et des émotions entre individus entourés par la nature qui compose une esthétique : une éthique de la perception.

La galerie Eva Vautier a le plaisir de présenter Tout autour, l’eau, première exposition personnelle de Benoît Barbagli à la galerie.

Benoît Barbagli a une pratique artistique protéiforme, il tire ses œuvres de la nature. Il se questionne sur l’éthique de l’image et l’empreinte qu’elle laisse. Dans les images de l’artiste, prises le plus souvent en milieu naturel et en collectif, se reflètent le partage et le lien privilégié qu’il entretient avec son environnement. Il collabore depuis 2018 avec le collectif PALAM (du latin « en présence de ») dont il est un des membres fondateurs.

Pour Elodie Antoine, historienne de l’art, « l’œuvre de Benoît Barbagli interroge les possibilités contemporaines d’une écriture photographique à travers la performance. Il nous propose un récit photographique dont le sujet demeure énigmatique.
Qui en est le narrateur ? L’auteur, les performeurs ?
L’artiste semble volontairement brouiller les pistes laissant au regardeur la place que Roland Barthes offra au lecteur – Le lecteur nait de la mort de l’auteur.

Les univers aquatiques mis en scène par Barbagli nous renvoient à des états et des formes primordiales – le liquide amniotique, le cercle, dans lequel viennent se mouvoir et se lover des corps dénudés. Un corps à corps avec la nature, un état ancestral de l’homme dans son lien étroit et privilégié avec les éléments : l’eau, l’air, la terre. Des éléments auxquels ses sculptures viennent se faire l’écho – de la courbe de la montée des eaux à l’expansion de la vie depuis la naissance de l’humanité en passant par les variations des températures terrestres. Les œuvres photographiques et sculpturales de Barbagli questionnent notre être au monde, ses mutations et ses métamorphoses, ses possibles alternatives aussi. »

Programme de l’exposition Tout autour, l’eau à  la galerie Eva Vautier:

 

Vendredi 25 novembre

18h -22H

Vernissage de l’exposition Tout autour, l’eau

 

 

Samedi 3 décembre :

(Avec les visiteurs du Samedi)

16h30

Projection du documentaire Le jour ou l’argent disparaîtra relatant l’épopée du collectif Palam pour l’exposition Sous la glace, l’eau 

Présentation du projet par Evan Bourgeau et Benoît Barbagli

18h

Parcours de l’exposition sous la glace, l’eau

 

 

Samedi 10 décembre

18H

Performance et lecture de Tristan Blumel et Benjamin Fincher

 

 

Samedi 7 janvier

À partir de 15h

Finissage de l’exposition

Présentation du projet Formule Naturelle en écho avec l’exposition Tout autour, l’eau

Performances et concerts multiples

 

Programmation Vidéo 

25 Novembre (vernissage) :

Vidéo Immersion  de Benoît Barbagli 

Le long de l’exposition :

Série de vidéos sur le Tout autour, l’eau

Documentaire – Sous la glace l’eau – Tous les jours à 15H

A rose is a petunia is a mimosa – Galerie Eva Vautier – du 14 juin au 10 septembre 2022

a rose is a petunia is a mimosa

Exposition collective – du 14 juin au 10 septembre 2022

Vernissage le samedi 11 juin à 18h.

“A rose is a petunia is a mimosa” 2022
vue exposition galerie Eva Vautier

Vue d’exposition, a rose is a petunia is a mimosa, © François Fernandez

Exposition collective avec :

Benoit Barbagli, Frédéric Bauchet, Ben, Marc Chevalier, Nina Childress, Gregory Forstner, Camille Franch-Guerra, Anita Gauran, Nathalie Gilles, Amon Ezra Kaiser, Natacha Lesueur, Ingrid Luche, Marie Noury, Gérald Panighi, Bruno Pélassy, Hugues Reip, Takako Saito, Alain Séchas, Unglee, Annie Vautier et Agnès Vitani.

Une exposition proposée dans le cadre de la 5ème Biennale des Arts de Nice coordonnée par Jean-Jacques Aillagon.

 

« Un gros rosier se dressait près de l’entrée du jardin. Les fleurs qu’il portait étaient blanches mais il y avait trois jardiniers qui s’activaient à les peindre en rouge. Alice trouva cela très étrange… »
Lewis Caroll, « Alice au Pays des merveilles », (1869)

 

C’est à la découverte d’un jardin extraordinaire que nous convie la galerie Eva Vautier. Invités par les commissaires (Natacha Lesueur, Eva Vautier et Agnès Vitani), cet été vingt artistes nous offrent des fleurs, revisitant un thème pour le moins classique en usant de procédés extrêmement divers.

 

Fleurs luxuriantes ou fragiles, décoratives ou essentielles, avalanche de pétales, étouffant mimosa… Qu’elles soient réalistes ou détournées, leurs fleurs disent tout ce que savent dire les fleurs.

En 2022, la Ville de Nice programme sa cinquième Biennale des arts sur le thème des fleurs. Après Un Eté pour Matisse (2013),Promenade(S) des Anglais (2015), Ecole(S) de Nice (2017), et L’Odyssée du Cinéma (2019), cette cinquième édition – initialement prévue en 2021 et reportée à 2022 à cause de la crise sanitaire – célébrera le lien profondément enraciné, presque mythologique, unissant la ville de Nice, ville verte de la Méditerranée, et les fleurs.

Voulue par Christian Estrosi, Maire de Nice, et coordonnée, depuis 2013, par Jean-Jacques Aillagon, la Biennale des arts est un rendez-vous culturel bien inscrit dans la saison niçoise. Cette année encore, elle viendra illustrer l’exceptionnelle vitalité culturelle et artistique de Nice, qui aspire à devenir, en 2028, capitale européenne de la culture.

Dossier de presse
Revue de presse

Nouvelle vague – Palazzo Saluzzo Paesana – Turin – Expositions solo Avril – Mai 2022

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Nouvelle Vague

Exposition personnelle de

 Benoît Barbagli

Commissaire: Enrico Debandi

Vernissage le Jeudi 7 avril à 18H

Exposition du 8 avril au 21 mai

Ouvert du mercredi au samedi de  16h à 19h

Palazzo Saluzzo Paesana

Via della Consolata, 1 bis – Turin , Italie

Tel: +39 347 010 3021

E-mail: [email protected]

Le pass sanitaire n’est pas obligatoire pas accéder à l’exposition.

Un pass sanitaire ou test négatif (<48h) est indispensable pour passer la frontière.

 

Le soir du vernissage l’accès à l’exposition sera conditionné à une inscription.

S’inscrire gratuitement ici

Information pratiques :

Réservation d’une chambre à Turin proche de l’exposition :

Allegroitalia Golden Palace 5⭐

Pour réserver écrire à [email protected] avec le code promotionnel Nouvelle Vague

Train depuis Paris avec Trenitalia

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Aussi certain qu’une vague s’échouant sur la rive annonce la suivante  , la Nouvelle Vague reste la même, et fait pourtant rupture avec la précédente. Un souffle continu, cyclique, inaltérable dont le déferlement sur le rivage est son expression singulière, racontant une parole entière et à chaque fois différente.

Si rupture il y a, quelle est-elle?  Une nouvelle esthétique ? Un manifeste ? Le manifeste appartient à la nature, et l’esthétique est déconstruite.

Ce que Nouvelle Vague emprunte au mouvement cinématographique éponyme du siècle passé, ce n’est pas l’héritage intellectuel ou technique de ces auteurs et acteurs, mais la rupture profonde qu’elle évoque. Ce n’est pas la rupture d’une génération qui s’affirme contre une autre, d’artistes et d’auteurs contre d’autres. C’est au contraire un geste de retrait. Une rupture avec l’individualisme et sa production égotique, une rupture avec l’extraction culturelle de l’homme de la nature, une rupture peut-être même  avec l’homme lui-même.

La Nouvelle Vague est comme une tentative de retrait de l’ego anthropocène omniprésent, où l’artiste se transforme en un  assistant, un sherpa, un soutien des forces naturelles environnantes.

En orientant les références de la culture vers celles de la nature, nous regardons Nouvelle vague non plus comme l’expression culturelle énoncée par un ensemble d’individus, de méthodes et de techniques mais littéralement comme l’expression propre de sa parole : la vague elle-même.

Ce n’est donc que très peu la question de l’artiste, celle du « je », mais bien davantage la question du « nous ».

De plain-pied dans l’anthropocène et l’effondrement à l’horizon, les artistes se sont retrouvés, suite à la modernité être la pierre angulaire des normes qui ont construit l’individu. Un mouvement de retrait, un ralentissement devient un acte de résistance et de construction. Et ce, en mettant la primauté à interroger de nouveau, à la fois, son rapport à l’environnement et son rapport au collectif. Sans le collectif, l’écologie achoppe et plus largement toutes les luttes.

Nous ne défendons pas la nature, nous sommes la nature qui se défend.

L’exposition Nouvelle Vague est une immersion dans cette nature parfois montagneuse, parfois maritime. L’encre produite par le bois brûlé et recueilli aux abords des forêts et sur les rivages se déposera sur les toiles de lin suivant le dessin des reliefs montagneux, et la vitalité des vagues incessantes.

Nouvelle vague c’est aussi la captation photographique par des instructions ou gestes simples,  de la tentative de faire émerger de la joie, de la paix, de la vie. Parfois une pleine immersion sous l’eau comme dans la série Nous avons essayé de nous endormir sous l’eau, parfois un geste d’amour envers la nature avec Tentative amoureuse , ou encore lui donner parole avec Révolution naturelle.

Nouvelle vague ce sont enfin des sculptures Chrysalithe, en collaboration avec l’artiste Aimée Fleury, pensées comme autel de protection à cette nature fragile que l’humanité maltraite.

Dans cette exposition au Palazzo Saluzzo Paesana à Turin, Nouvelle Vague inaugure le 7 Avril 2022, une parole au plus proche d’une expression naturelle, une tentative de mettre la mer, les montagnes à l’œuvre, et  une volonté de repenser le collectif dans un rapport intime, ritualisé  à la nature.

Certaines des œuvres exposées sont en collaboration avec l’artiste Aimée Fleury, et avec la participation du collectif Palam.

Vue d’exposition  Salle 1 – Palazzo Saluzzo Paesana

L’Association Culturelle BArock a le plaisir de présenter la nouvelle exposition personnelle de l’artiste français BENOÎT BARBAGLI, installée dans l’Appartamento Padronale du Palazzo Saluzzo Paesana (entrée Via della Consolata 1bis – Turin) du jeudi 7 avril au samedi 21 mai 2022 (ouverture au public du mercredi au samedi de 16h à 19h, ou sur rendez-vous) avec un vernissage sur invitation le jeudi 7 avril de 18h à 21h. Avec cette grande exposition intitulée NOUVELLE VAGUE, les salles historiques habitées par les marquis de Saluzzo rouvrent symboliquement leurs portes à la ville de Turin, après une interruption de plus de deux ans, inaugurant le programme culturel consacré aux célébrations du tricentenaire du Palais, conçu en 1715 et inauguré en 1722 sur ordre du comte Baldassarre Saluzzo di Paesana. L’artiste Benoît Barbagli, né en 1988 à Nice et diplômé de l’École Nationale Supérieure d’Art de la Villa Arson, a grandi dans une famille qui a toujours été active dans le monde de l’art, ce qui a stimulé et soutenu sa formation expressive depuis ses débuts en 2011, année de sa première performance – Concert FLUXUS au MoMA de New York – avec son grand-père Ben Vautier. Il s’agit de la dixième exposition personnelle de l’artiste et d’un tour d’horizon exhaustif de la plupart des thèmes qu’il a abordés au cours des huit dernières années. L’exposition décrit un hymne à la vie et à l’amour à travers le langage magique des éléments de la nature, tout en étant un manifeste personnel de la liberté expressive de l’art. L’exposition comprend 30 œuvres et est divisée en deux sections principales, en parfaite symbiose l’une avec l’autre. La première section rassemble une série de toiles, pour la plupart de grand format, dont quatre triptyques et un polyptyque, peintes au fusain selon une technique qui mélange le Dripping, l’Action Painting et le Land Art, en utilisant différents scénarios naturels et sauvages comme “ateliers” et en faisant travailler ensemble les éléments de la nature. La deuxième section présente une galerie d’œuvres photographiques témoignant d’autant de performances, qui racontent des expériences différentes, mais toujours en équilibre constant entre Amour et Nature. Les grandes salles de réception de l’Appartamento dei Marchesi di Saluzzo accueillent sur leurs grands murs le cycle “Ecotopìa”, de grandes toiles blanches peintes au charbon noir selon une technique spéciale capable d’encapsuler les quatre principaux éléments de la nature : la terre, le feu, l’eau et l’air. Les œuvres tirent leur origine et leur inspiration du choix du lieu où elles sont créées, qui se manifeste sous la forme du Genius Loci et est présent de manière différente dans chaque œuvre : de la forêt de Fontainebleau près de Paris, déjà théâtre des premières expériences des impressionnistes en plein air, aux rochers du Cap Ferrat, jusqu’au sommet de Notre Dame d’Amirat et aux montagnes sacrées de l’Anapurna au Népal. Les lieux choisis accueillent les différentes phases de la réalisation de ces œuvres, à commencer par la création du pigment utilisé, obtenu en pulvérisant le charbon de bois résultant de la combustion de bois ramassé dans ces mêmes lieux, comme pour évoquer d’anciens rituels païens. Le pigment mélangé à un fixateur végétal est jeté sur les toiles puis “peint” grâce à l’intervention d’agents atmosphériques, tels que les vagues de la mer et le souffle du vent, qui le répandent et le diffusent, créant des motifs abstraits fascinants par leur singularité. Le boudoir et les salons de l’Appartamento Padronale sont occupés par la partie photographique de l’exposition. Les 15 clichés sélectionnés font partie d’un ensemble beaucoup plus vaste et en cours d’élaboration, intitulé de manière évocatrice “10 ans d’amour”, qui documente l’aspect profondément “romantique” de l’artiste, tel que les poètes du XVIIIe siècle auraient pu le comprendre, c’est-à-dire la manière dont Benoît évoque constamment la puissance du monde naturel, en célébrant sa beauté fragile. Parmi les différentes salles, on remarque la “wunderkammer” du palais, qui abritait autrefois les collections d’objets exotiques et curieux du marquis de Saluzzo, où le “Saut Amoureux” est intégralement pour la première fois. Cette série de clichés photographiques réalisés depuis 2014 documentant autant de “ sauts dans le vide “, évocateurs du plus célèbre “ Saut dans le Vide “ d’Yves Klein de 1960, inscrit idéalement le travail de Benoît dans le courant du Nouveau Réalisme. Dans le cadre enchanteur de la Rade de Beaulieu, sur la Côte d’Azur, l’artiste s’élance vers l’inconnu, atteignant chaque fois le ciel l’espace d’un instant avec un objet différent : un bouquet de fleurs, un instrument de musique, une torche pour éclairer l’obscurité de la connaissance, le fruit iconique de l’art d’Andy Warhol à Cattelan. Parsemées dans les différentes salles de l’exposition, comme un trait d’union, des sculptures en résine telles que “Geste d’amour”, qui repropose le geste symbolique de l’artiste d’“offrir” un bouquet de fleurs, comme pour accueillir les visiteurs à l’entrée de l’exposition, et les deux “Chrysalithe” créées en collaboration avec l’artiste parisienne Aimée Fleury, des formes à la sensualité organique qui renvoient à un univers imaginaire doux de richesse et de sensibilité.

Enrico Debandi

 

Vue d’exposition – Révolution Naturelle 1 & 2 Salotto Giallo

En regardant les toiles de Benoît Barbagli, la première chose qui vient à l’esprit est l’action painting américaine: celle de Pollock, De Kooning et Kline, mais aussi du Vénitien Emilio Vedova. L’action painting américain, où l’acte physique devient important et où la peinture en est la manifestation, mais pour Barbagli, l’action, la matière et le signe ont une signification différente. Tout le travail de Benoît est basé sur la nature et ses éléments, qui deviennent à la fois action et matière. Grâce au feu, à la terre avec ses arbres et ses débris, mélangée à l’eau des mers et des montagnes, l’artiste crée l’encre qui est déposée sur chaque toile. Le feu, qui a toujours été un symbole de régénération et de progrès, pour l’artiste et ses amis qui l’accompagnent souvent, devient un lieu de création de rituels, de danses et de performances. Les toiles sont réalisées entièrement dans l’environnement naturel, qui devient un lieu à la fois spirituel et religieux. Ce n’est pas un hasard si nombre de ses tableaux sont des triptyques, comme «Le sacre du printemps» ou «Les falaises de Gars». Ce type d’œuvre, qui a toujours été lié au monde religieux, était normalement une décoration d’autel avec des panneaux latéraux qui pouvaient être fermés sur la partie centrale, visible uniquement lors d’occasions liturgiques spéciales : Les triptyques de Benoît ne sacralisent plus aucune autorité religieuse chrétienne, ils sont ouverts, non refermables, prêts à montrer la divinité «nature». La nature est aussi l’atelier de Benoît : les montagnes, les rivières, l’océan deviennent son espace de travail, la performance est souvent marquée par la nudité de l’artiste et parfois aussi de ses amis et collègues qui l’accompagnent dans ses expéditions artistiques. La mer, les montagnes et les manifestations de l’environnement naturel créent l’œuvre et la toile capture ces moments. Les quatre éléments (feu, air, terre, eau) sont récurrents, animant l’univers de Benoît qui détourne les références culturelles et les renvoie à la nature. Pour ce faire, l’artiste disparaît, l’art émerge mais sans l’action de l’artiste, sa paternité est remise en question car il prépare la scène mais le geste est fait par la nature. Benoît Barbagli transporte ses toiles à la montagne, du massif de  l’Annapurna ou des Alpes de Haute Provence, ou encore sur les rives de la Méditerranée, pour qu’elles puissent créer, la montagne et la mer. On pourrait le comparer aux artistes du Land Art mais, contrairement à eux, il ne modifie pas le paysage, c’est la nature qui a une action artistique sur ses œuvres. L’artiste jette dans le paysage de l’encre naturelle fabriquée sur place, de sorte qu’elle tache une toile déposée soit sur une falaise, soit sur un rocher, l’encre dégouline ainsi des rochers sur la toile en dessous. La chute de ces derniers et l’aspect du sol constituent l’empreinte de l’œuvre. La création de l’œuvre est aussi rapide que la chute de son encre d’une hauteur de dix mètres, réalisée avec du charbon de bois et de l’eau, mais ici elle se mélange aussi aux divers débris rocheux. Il en va de même avec la mer, la toile posée sur la falaise reçoit le rythme des vagues et celles-ci, avec le rivage, la recouvrent en diluant sa couleur ; la toile devient le fruit de la collaboration entre la terre et la mer, et Benoît en est le spectateur. Il grimpe, nage, marche, fait de l’apnée et se jette dans le vide comme dans ses Tentative amoureuse et Salti d’Amore. Les quatre éléments naturels et ce qui en découle dans l’environnement, comme la chaleur et le froid, sont montrés dans des paysages nocturnes et diurnes, la mer et les montagnes, le tout renforcé par la nudité du corps qui habite et devient partie intégrante de ces lieux : l’homme n’est plus face à la nature mais en fait partie. Si l’artiste est le spectateur de l’acte créatif «naturel», nous devenons des observateurs de la relation et de la communication entre l’artiste et la nature, grâce aux photographies et aux vidéos qui témoignent des performances naturelles. La caméra est peut-être le seul élément où Benoît impose l’acte créatif lui-même, par lequel il parvient à soustraire l’âme de la nature et de ses éléments pour nous la ramener. Dès ses prises de vue dans des œuvres telles que Coat of light, ou Croix, ou Rituel Subaquatique, mais aussi dans Révolution naturelle, le caractère concret de la nature transparaît et l’objectif de l’appareil photo devient une extension de la vie.

Luigi Crea

Origine de la joie – Galerie Epi –  3 avril au 11 juin 2022

 

Origine de la joie

VERNISSAGE / OPENING

Samedi 2 Avril 2022 à 18h

Benoît Barbagli

Galerie Epi

2 place de l’Église – 49123 – Ingrandes sur Loire – France

 

Exposition du 3 avril au 11 juin 2022

Les samedis, dimanches, et jours fériés de 14h à 20h

 

 

L’Origine de la joie présente une exposition photographique rétrospective au travers d’une question qui n’a de cesse de resurgir dans ma pratique :

Comment le collectif s’immergeant dans la nature peut-il reconstruire du commun?

Comment l’écologie est-elle tributaire de ce commun ?

Comment la joie peut-elle devenir le liant, le moteur de ce collectif et participer à recréer du lien avec la nature?

 

Certaines des photos exposées sont en collaboration avec l’artiste Aimée Fleury, et avec la participation du collectif Palam.

Origine de la joie extrait de la série : Mythologie Subaquatique

la vie et la joie
Voler sous leau 2021 50 33,3 cm
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Transition – Galerie Mansart – 25 novembre 2021 – 02 janvier 2022

TRANSITIONS 2021

Exposition collective

Benoît Barbagli , Cécile Bicler, Pierre Bendine-Boucar, Damien Caccia, Naomi Cook, Odyssée Dao, Aimée Fleury, Elisa Florimond, Florence Gourier, Adrien Lamm, Frédérique Lecerf, Markus Lichti, Katherine Oh, Antoine Petel, Noémie Pilo, Mathieu Roquigny, Jeanne Susplugas, Motoko Tachikawa, Florent Testa, Tibo, Rada Tzankova

25 novembre 2021 – 02 janvier 2022

Vernissage : 25 novembre 18-22h

« Transitions » est une nouvelle série d’expositions présentée par la Galerie Mansart, réunissant des œuvres à petite échelle signées par des artistes déjà ou bientôt exposés. Mettant en valeur une programmation contemporaine variée, la galerie est à la fois à la recherche constante de nouveaux artistes et concepts d’exposition, sans oublier pour autant de prendre soin des liens avec les artistes montrés auparavant. « Transitions » vise à rassembler ces différents aspects complémentaires de notre ligne directrice et à célébrer la beauté du détail.

Des informations à suivre.

https://www.galerie-mansart.fr/expos/transitions-2021

L’art à l’horizon La Conciergerie – Du 2 octobre au 18 décembre 2021

L’art à l’horizon

La Conciergerie – La Motte-Servolex

Du 2 octobre au 18 décembre 2021

© Vue d’exposition, Photos Anne-Laure Wuillai

Exposition collective avec les artistes BEN, Olivier Mosset, Claude Viallat, Geoffrey Hendricks, Benoît Barbagli, Tom Barbagli, Gérald Panighi, Charlotte Pringuey-Cessac, Marc Chevalier, Franck Saïssi et Anne-Laure Wuillai.

Commissariat : Eva Vautier

Cette ligne imaginaire représentant la jonction entre le ciel et la terre ou la mer du point de vue du spectateur. Cette limite du monde, ne qui cesse de se déplacer avec nous, semble toujours à portée d’atteinte. A la fois une frontière et un avenir, la ligne d’horizon a poussé la curiosité de l’homme à dépasser son monde pour voir ce qui se trouve au-delà.

Une des premières œuvres de Ben Vautier est une ligne datée de 1955, il signera ensuite l’horizon sur la Promenade des Anglais en 1962. La ligne d’horizon devient œuvre d’art et sa propriété. Le geste ayant été répété de nombreuses fois, de nombreux horizons sont devenus sien. Il s’agit d’un point de départ du cheminement de l’artiste et l’incursion dans les univers profonds de la vie quotidienne. Partant du paysage qui l’entoure, il se dirige vers la philosophie de la nature humaine pour finir par explorer la profondeur de l’âme. Les gestes et les mots qui composent l’œuvre de Ben peuvent paraitre anodins, communs, voire mondains, mais ils poussent systématiquement à la réflexion.

Cette exposition regroupe des œuvres historiques de Ben, des inédites, mais aussi celles de dix artistes appréhendant leur monde artistique avec le même élan, tout en cherchant les réponses dans des horizons différents. Ainsi, L’art à l’horizon, vous fera également entrer dans les univers de Gérald Panighi, Benoît Barbagli, Charlotte Pringuey-Cessac, Tom Barbagli, Olivier Mosset, Marc Chevalier, Anne-Laure Wuillai, Claude Viallat, Franck Saïssi et Geoffrey Hendricks.

Eva Vautier, commissaire d’exposition

L’art à l’horizon | l’horizon de l’art

 

La ligne droite, souvent le chemin le plus simple mais le plus difficile à prendre et à tracer, forme une démarcation, une frontière. Elle est figurée par un point de départ et un point d’arrivée liés par un trait. À la fois limite et liaison, comme l’horizon, la ligne fictive entre le ciel et la terre, c’est le début du mystère. S’approprier l’horizon, comme Ben Vautier l’a fait en le signant en 1962, le concrétiser d’un trait, c’est créer un geste qui maîtrise la limite, donne une direction, puis un sens. Par le geste, ou l’action de la signature de ce qui n’a pas été revendiqué, Ben embrasse plusieurs courants artistiques tels que le « ready-made » de Marcel Duchamp et le mouvement international Fluxus qui a trouvé, dans son magasin de la rue Tonduti-de- l’Escarène, un quartier général en France. Fluxus prône le non-art ou l’anti-art, milite pour effacer la limite entre l’art et la vie. C’est un mouvement d’énergie pour englober la fluidité entre les expressions artistiques en abolissant les barrières entre les arts et ce qui est considéré comme une œuvre d’art. C’est ainsi que les limites et les frontières sont toujours explorées, repoussées et remises en question. Le groupe prend le dessus sur l’individualité de l’artiste mais l’ego ne disparaît pas totalement, il est d’ailleurs clairement revendiqué par Ben. Le chemin que nous allons parcourir commence par des traits et des points, il déambule à travers l’histoire de l’art contemporain pour mieux se rendre compte à quel point l’art est vital pour le devenir de l’Homme.
Au début il y a le point, l’ancrage. Point de départ ou point d’arrivée, Olivier Mosset l’a figuré en un cercle sur une toile.

Le début d’un trait que l’on peut facilement imaginer être la transcription de la première trace consciente laissée par l’Homme pour durer. Charbon en main, le geste primitif mis en scène par Charlotte Pringuey- Cessac dans une vidéo, « Ligne », trouve sa place d’introduction à l’exposition.Elle matérialise cette ligne d’horizon que l’Homme primaire a découvert quand il s’est redressé, le poussant à découvrir un paysage éloigné. Il va arpenter le territoire, escalader les montagnes, comme l’a fait Benoît Barbagli, à la recherche d’un lieu propice à créer avec la nature une œuvre collaborative par des jetés d’encre et la remerciant ensuite en lui offrant des bouquets de fleurs, des offrandes aux forces vitales. Bloqué par l’eau, l’Homme va l’analyser pour tenter de la traverser. Il rencontre alors une partie du travail d’Anne-Laure Wuillai qui catalogue les couleurs du littoral, les eaux, crée des vagues, le tout avec autant de rigueur scientifique que de beauté et de délicatesse dans les nuances.

Franck Saïssi embarque le visiteur dans une expédition fantastique à travers ses dessins à l’encre de Chine. Le vaisseau navigue sur une mer calme, les hommes sont attirés par un phénomène, happés par le ciel. C’est la traversée dans le monde intime et spirituel. Pour nous orienter dans l’exposition la boussole marine de Tom Barbagli nous dirige. Son travail, basé sur une solide connaissance de l’ingénierie, détourne la technique pour y ajouter de la poésie dans des objets et des phénomènes courants. Ses œuvres sont une introduction parfaite à celles de Geoffrey Hendricks ; artiste également associé au mouvement Fluxus, il a travaillé sur le ciel en en faisant des représentations quotidiennes, un « cloudsmith », fabriquant, réparateur de nuages.

Les cieux fascinent les hommes depuis toujours, souvent représentation du divin, du spirituel, de l’incorporel et de l’éternité, ce que Dante définit comme des « choses incorruptibles » dans La Monarchie.

A l’opposé, la terre représente le corporel, le matériel et le temps, des « choses corruptibles ». L’Homme, quant à lui, a une place particulière, c’est « le seul être qui occupe le milieu entre les choses corruptibles et les choses incorruptibles ; c’est pourquoi les philosophes l’assimilent à juste titre à l’horizon, qui est au milieu des deux hémisphères. »

La corde de Claude Viallat nous aide à passer entre ces deux mondes. Marc Chevalier, du côté terrestre, accumulant les traits, a créé un réseau de chemins superposés, un labyrinthe qui trace aussi une grille de lecture. De l’accumulation des limites nait l’organisation structurée et la communication puisqu’il y a foison de jonctions. La ligne, au figuré, représente ainsi un moyen d’articuler les pensées et les concepts. Elle permet d’explorer le monde extérieur et de sonder le monde intérieur de l’être humain qui l’habite.

C’est l’organisation des traits qui a formé la première écriture cunéiforme. Elle a ensuite évolué, la jonction des signes distincts a donné naissance à d’autres écritures. C’est dans la courbe que se fera le tracé moderne de nos alphabets, en particulier, celui tellement reconnaissable de l’écriture de Ben. De limite, le trait est devenu naturellement liaison, moyen de communication et d’expression. Digne représentant et promoteur de Fluxus, Ben a complètement adhéré au manifeste édité par George Maciunas, notamment dans la volonté de « PROMOUVOIR UNE INONDATION ET UNE MARÉE REVOLUTIONNAIRES DANS L’ART. » La promotion de l’art « vivant, l’anti-art, promouvoir LA REALITE NON ARTISTIQUE pour qu’elle soit comprise par tous les peuples, pas seulement les critiques, dilettantes et professionnels. »

Le travail de Gérald Panighi, par ses illustrations accolées à des citations, porte sur l’aspect à la fois superficiel et profond de la nature humaine, leur décalage les rend drôles. Un humour souvent noir et auto-dérisoire, rarement méchant.

Présentées en un nuage, ces pensées illustrées font écho à celles de Ben. Ces phrases intemporelles associées aux dessins presque désuets replacent le visiteur dans le « Ici » et le « Maintenant ». Elles le renvoient, tout comme Ben, à se poser des questions et à réfléchir à leur situation, leur condition ou leur histoire.

Partis explorer dans différentes directions, les chemins artistiques se sont retrouvés autour de Ben.
De la ligne droite à la courbe de la mer, les sauts dans le vide, les mouvements du ciel et des planètes, l’artiste repense nécessairement la place de l’Homme dans son univers. En se retournant sur la création, le spectateur se retrouve face à son créateur. En courant à la poursuite de ce but inatteignable, parce que toujours en mouvement, c’est la source de l’humanité que nous explorons, ses motivations et ses préoccupations.

Cet horizon était au départ une promesse d’un monde meilleur et différent pour les premiers explorateurs, le chemin parcouru est systématiquement l’occasion de réfléchir à son propre parcours, aux rencontres que nous faisons et aux leçons que nous en tirons. Sur le temple de Delphes il était inscrit « Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’Univers et les Dieux », le contraire trouve son sens dans notre monde où l’Homme commence à se rendre compte qu’il est une infime partie de son univers et doit son existence à ce qui l’entoure.

Anne-Sophie Lecharme

La mer à l’œuvre – PortLympia – Septembre 2021

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polytique
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notre dame amirat -Large_wall_in_minimal_gallery
Originale, Eclaircie, 2021, 65x 54 cmvisuel3D
Originale, Le rocher de Ponte-Leccia, 2019, 92 x 75 cmvisuel3D
uvre originale, Calme, 2021, 200 x 50 cmvisuel3D
uvre originale, Cime de notre Dame d Amirat, 2016, 260X190 cmvisuel3D
uvre originale, Cime de notre Dame damirat IV, 2018, 195 x 130cmvisuel3D
uvre originale, Eteindre le feu III, 2020, 146 x 114 cmvisuel3D
uvre originale, La tempte, 2018, 162 x 114 cmvisuel3D
uvre originale, La Vague , 2019, 162 x 300 cmvisuel3D copie
uvre originale, La Vague , 2019, 162 x 300 cmvisuel3D
uvre originale, La voix oceanique, 2021, 180 x 285 cmvisuel3D
uvre originale, Lempreinte de Shiva, 2016, 195X130 cmvisuel3D
uvre originale, Naissance dune vague, 2021, 162x54 cmvisuel3D
uvre originale, Paysage vertical, 2019, 80 x 40 cmvisuel3D
uvre originale, Soleil Maritime, 2021, 219x92 cmvisuel3D
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La mer à l’œuvre

 

Benoit Barbagli

Jeudi 23 septembre

À 17H30

Espace Culturel Collège Port Lympia

31 Bd Stalingrad – 06300 Nice

 

 

 

Un jeté d’encre d’une falaise sur une toile en contrebas.

La chute de l’encre et l’aspect du sol forment l’empreinte de cette terre verticale qui capte de la montagne son vertige et sa chute, son temps géologique et son espace sans limite.

La réalisation de la toile est aussi prompte que la chute d’une dizaine de mètres que mettent quelques gouttes de charbon mélangées à de l’eau.

Avant d’être une œuvre, Ecotopia ce sont de nombreuses marches, en solitaire ou avec des amis à travers la montagne. Des nuits passées à habiter la nature, sous les étoiles, réchauffés par un feu de camp.

Des falaises escaladées des heures durant, pour qu’une fois au sommet, en seulement quelques secondes, un jeté d’encre vienne recouvrir une toile en contrebas.

Excepté la toile de lin elle-même, les matériaux qui la composent proviennent de la marche, l’encre est créée au lendemain des nuits passées dehors, avec les cendres concassées du feu de bois, auxquelles s’ajoute une sève servant de liant.

La montagne fertile donne naissance au substrat qui se dépose sur la toile, le bois qui grandit sur celle-ci devient charbon, puis encre.

 

 

(Plus d’informations et de photographie à venir très bientôt)

En savoir plus sur le projet Ecotopia

Orées – Villa Caméline – Nice – Septembre 2021

Orées


Geste d’amours, 2021 Résine acrylique et fleurs, épreuve d’artiste, Benoit Barbagli

 

 

 

Aimée Fleury, Anne-Laure Wuillai, Benjamin Fincher, Benoît Barbagli, Camille Franch-Guerra, Eglé Vismante, Evan Bourgeau, Mona Barbagli, Omar Rodriguez Sanmartin, Tom Barbagli, Tristan Blumel

du 11 septembre au 19 octobre 2021

VILLA CAMÉLINE [MAISON ABANDONNÉE] NICE.

 

Exposition ouverte sur rendez vous : [email protected] // +33 (0)6 60 984 988

Permanence des artistes le mercredi après-midi et le samedi après-midi sans rendez-vous

 

 

 

Oserions-nous continuer la marche vers la grande forêt ?

Il s’agit de nous placer au bord, à l’interstice. De faire lieu d’un bout.

Il s’agit de rendre compte des symbioses tout autant que des violences, entre les mondes aperçus.

Il s’agit de s’asseoir sous un parasol durant la nuit, pour y lancer des dés.

Sur l’une des faces apparaît un symbole : Orées

L’histoire qui nous est comptée est celle d’une dizaine de jeunes artistes qui se retrouvent dans une grange surplombant la Vésubie, les traces de la tempête Alex se mélangent à celles des civilisations. Route emportée, chemin dans le lit de la rivière, ce séjour particulier devient source de création. Le collectif PALAM, connu pour ses longues marches, laisse place à la notion d’habiter. La nidation qui en découle devient le nœud de l’expérience. Quelques nuits passées dans les hauteurs, à l’ombre de l’égide stellaire … où allons-nous?

Le soir, des histoires s’écrivent, se recomposent. Le jour, l’entraide et la mise en commun de nos outils hybrident nos œuvres, grandissent notre compréhension mutuelle et la porosité de nos pratiques.

Puisque s’est construite en commun notre capacité à résister à la nature, à nous en protéger puis à la dominer. C’est en meute que nous pouvons l’entendre, nous adapter, la préserver et disparaître en elle. 

Nous étions à l’orée de la nature, ni tout à fait dedans ni tout à fait dehors. D’un regard attentif, d’un geste précautionneux nous avons laissé s’adoucir la fracture qui nous séparait.

De la montagne vers la métropole, c’est ici, dans cette maison abandonnée, qu’il nous incombe de rendre les paradoxes prélevés sous les feuilles d’un arbre, au creux d’un cours d’eau, dans les ravines d’un champ. In fine, créer une scène qui à son tour nous révèle les orées :  Ces portes exaltant nos sensibilités, offrant de multiples rapports à la nature, que nous sommes partis chercher au loin.

Vues d’exposition:

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Communiqué de presse :

Plan de salle:

Sous le chaos, la vie – Galerie Mansard – Paris – 14 Octobre – 2021

 

 

Sous le chaos, la vie

 

Tenir 8 secondes sous l’eau, remonter, plonger à nouveau. On répète cela autant que possible… L’appareil, fixé sur un bibule volant à hélice, prend des photos à intervalle de 5 secondes.

Il fallait donc tenir au moins ce temps, plus celui de se plonger, tout cela synchronisé entre nous. Éprouvant !

Nous étions cinq ce jour-là : Aimée, Benoît, Diego, Katalina et Yoan.

C’était la fin de l’été, un mois avant le grand opening Sous le chaos, la vie à la Galerie Mansart à Paris.

Si ce texte vous parvient avant l’exposition, Save the date (!) :

 

Le 14 octobre 2021 – 18H 5 rue Payenne, 75004 Paris.

 

Si ce texte vous parvient dans quelques décennies, vous le lirez sûrement avec un regard amusé ou désabusé, trouvant inefficientes les tentatives des pratiques culturelles à discourir et s’adapter à l’effondrement prédit. Construire des images dans un monde qui s’écroule, procédé généreux en contradictions et paradoxes, vous semblera peut-être un brin naïf. Au fond, et nous le savons peut-être déjà, l’un des moteurs actuels de l’anthropocène sont les images et leurs Pectaoctets stockés dans nos nuages numériques.

L’exposition est initiée par Benoît Barbagli. Il y invite Aimée Fleury qui cosigne des œuvres, en signe certaines, et crée habilement une scénographie spectaculaire notamment dans la pièce du bas aux allures de carrière sous-marine.

Rien n’aurait été possible sans tous les autres, que nous nommerons au fur et à mesure. Car même si l’exposition est présentée comme une monographie il était impossible de penser “Sous le chaos, la vie” autrement que collective. Soutenue, influencée, disputée par toutes les pensées et les actes des artistes et amis qui nous environnent.

À Saint-Cassien nous étions bien loin de Paris. Les instructions étaient pourtant assez simples : faire une nage, en cercle, sous l’eau et nu. À un mètre de la surface, en apnée, étions-nous seulement capables de prévisualiser cette photo dans le WhiteCube ? Immergés, les problématiques écologiques nous paraissaient bien loin et pourtant… Il nous fallait de l’air. La performance reproduite en boucle transforme notre journée en une sorte de rituel subaquatique. Pourquoi cinq ? Pourquoi en cercle ? Pourquoi nous, pourquoi nus ?

Il se passe quelque chose lorsque nous sommes ensemble sous l’eau, entre nous, avec le lac, avec vous. Succinctement, en suspension dans le liquide pré-amniotique : une épiphanie, un effet relativiste, un Déjà-Vu , un bug temporel ? L’eau partout autour nous connecte à la vie. Un lien d’égal à égal à la nature, non dicible mais parfaitement tangible.

Tout cela enregistré dans les entrailles numériques de  l’ennemi : le drone. Ce n’est que collectivement, à égalité les uns face aux autres que nous pouvons composer avec la nature. Ni le libéralisme vert, ni l’individualisme post-moderne romantique n’a les clefs d’une telle transition.

Ce n’était pas la seule photo ce jour-là, après une pause bien méritée nous avions de façon tout aussi incongru déplacer les pierres des rives sous marine du lac, un soutien à Sisyphe en somme, nous a soufflé Aimée Fleury. La photographie n’est pas la fin, mais le prétexte à la journée, il permet à cette situation d’exister. Les corps dénudés sont aussi désexualisés, ils se libèrent un tant soit peu du normalisant patriarche. Tout comme le drone, l’appareil est volant, et se passe de main en main, la signature s’oublie dans le moment. À la croisée du spirituel et du politique, l’esthétique crée une éthique de nos perceptions. Avec ces corps nus, n’en déplaise à Instagram et son BoobsFinder qui, incorporant une inégalité de genre numérique, insidieusement normalise nos comportements et nos corps bien au-delà de son réseau.

Deux mois au paravent, 35° à l’ombre, c’était à l’air Saint-Michel, que nous manifestions dans l’espace naturel, armés de banderoles. L’une d’entre elle, affirmait haut et fort en direction du ciel et tous ceux qui nous dépassent, Sous le chaos, la vie. Car, sous le drame de l’anthropocène, de l’image esthètes, toujours la vie resurgit.

Beaucoup d’histoire à raconter sur cette journée et sur chacune des autre qui constitue les photos de cette exposition. Si ce texte constitue une introduction de l’exposition, il n’en constitue pas le résumé, c’est seulement sur place, que vous pourrez découvrir la suite de l’épopée Sous le Chaos, la vie. tel les Structures raisonnées et leur Aménagements sensibles, sur nos tentatives de nous endormir sous l’eau, ou en sur la fabuleuse histoire du très contemporain Carrée Blanc sur fond blanc.

Nous ne pouvons terminer ce texte sans dire merci aux crapauteurs nous ayant accompagné, et se retrouvant par la photographie bien malgré eux soutient de la cause:

Aimée, Armand, Benoit, Camille, Cecile, Celia , Diego, Egles, Evan, Gabriel, Maria, Marie, Mouna, Lea, Katalina, Yoan.

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Photographie de l’exposition 

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SOUS-LE-CHAOS-LA-VIE-23
SOUS-LE-CHAOS-LA-VIE-22
SOUS-LE-CHAOS-LA-VIE-21
SOUS-LE-CHAOS-LA-VIE-17
SOUS-LE-CHAOS-LA-VIE-16
SOUS-LE-CHAOS-LA-VIE-14
SOUS-LE-CHAOS-LA-VIE-13
SOUS-LE-CHAOS-LA-VIE-10
SOUS-LE-CHAOS-LA-VIE-12
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SOUS-LE-CHAOS-LA-VIE-6
SOUS-LE-CHAOS-LA-VIE-2
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Selection  d’œuvres

Sous le chaos, la vie ,  2021
Born from earth, 2020
Révolution Naturelle
Le grand Nord
Exoview, 2020
Le grand Nord
Rituel subaquatique
Sisyphe collectif
Sous le chaos, la vie , 2021
Born from earth, 2020
Révolution Naturelle, 2020
Le grand Nord 1
Exoview, 2020
Le grand Nord
Rituel subaquatique
Sisyphe collectif
Révolution amoureuse, 2021
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Vidéo Exoview

Texte de présentation par Pulchérie Galmer

Sous le chaos, la vie

L’atelier de Benoît Barbagli est vaste. Océan rivière et montagne sont ses espaces performatifs. L’art y surgit, émergence vitale au sein du collectif. Ses propositions plurielles et multi-médiumniques éclosent dans des gestes itinérants. L’art se déplace dans la nature.

Dans ses dispositifs péripatétiques, le chemin fait sens, la nudité est candide, et l’œuvre se manifeste dans des surgissements. Les configurations sont multiples, les rituels variés et, souvent, l’expédition qui mène à l’expérience artistique se fait avec des plasticiens. Son appareil photo est qualifié de « volant ». Il passe de main en main et la signature est fréquemment partagée ou collective, comme ici avec Aimée Fleury qui cosigne la scénographie. Il l’invite d’ailleurs à exposer certaines de ces œuvres à la Galerie Mansart.

Benoît Barbagli explore les frontières. Il puise dans le substrat de la création en quête de ses germinations issues d’une nourriture mutualisée. La Montagne crée autant que la mer, que l’ami artiste, par sa présence, par son mouvement, par le principe de vie, par essence aléatoire, qui le meut. L’art saisit des instants du Vivant qui se manifeste toujours où on ne l’attend pas, dans des séquences inouïes que nous peinons parfois à saisir dans leurs déploiements. Avec humour, légèreté, force et délicatesse, Barbagli nous invite à croquer les instants et nous incite à les considérer dans leur beauté éphémère. Une ode à la Vitalité.

Les quatre éléments sont récurrents. Ils animent et structurent des séries de l’artiste dans des jaillissements héraclitéens. Le feu, l’eau, l’air, la terre. L’univers de Benoît Barbagli est poétique, polysémique, pudique, drolatique. Il aime à « détourner les références de la culture pour les retourner à la nature. » Qu’est-ce qui fait œuvre ? Le projet ? Ses manifestations ? Il orchestre des rencontres, une communauté se crée autour du projet et l’espace de création devient alors joyeux prétexte à la vie.

Pour rendre hommage au vivant, lui restituer sa place, l’artiste s’efface, il met en scène, se met en scène et pourtant s’estompe avec beaucoup d’élégance, l’égo se dissout dans l’interconnecté, je est un autre. Benoît Barbagli, c’est le romantisme inversé. Son retour à la nature se fait dans un cadre apaisé où l’égotisme s’anéantit, où l’éloge se dépare de pompe, où l’art affleure dans sa plus simple expression.

Dans la mer méditerranée en hiver, une main tend un bouquet dans l’eau glacé, la mer féconde est aussi meurtrière ces derniers temps. Éros et Thanatos se rejoignent, ardeur amoureuse et hommage mortuaire sont les deux faces d’un même miroir. Dans une tentative amoureuse au flambeau, un corps nu se jette d’une falaise, tombeau du plongeur ou passion inextinguible ? Le moment est en suspens, espace irrésolu soumis aux projections du regardant. La grâce, la chute et le rebond – ou pas, font partie du tout. Des corps portent une pierre sous la surface troublée d’un lac, émergence d’une nouvelle Atlantide ou perspective sisyphéenne d’un éboulement inévitable après une énième tentative ? L’artiste et ses acolytes apportent leur pierre à l’édifice visuel.

Benoît Barbagli est le sherpa de la montagne, il y transporte ses toiles pour que cette dernière crée. Il éloigne la muséification du corps de la femme en le rendant à la terre. Il capte l’étincelle embrasant le faisceau. Il chemine sur l’anthropocène en interrogeant les étoiles, nées du chaos.

 

Présentation par Pulchérie Galmer