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LE SUBLIME

Beaucoup  d’être humain de sexe masculin – d’hommes avec un petit h – se sont exprimés sur le concept et sur sa définition. Globalement, le sublime de nature plus imposant que l’homme, le laisse outragé. Comparé à la foudre par Longin  (IIIe siècle apr. J.-C.), il est réduit à un dispositif de persuasion. Au XVIIIe siècle, Edmund Burke dit du sublime qu’il produit une émotion singulière : une « terreur délicieuse » qu’il oppose à la douceur ressentie dans l’expérience du beau. Kant affine cette distinction : le défini comme « ce qui est absolument grand ». Il peut être mathématique, c’est alors l’immense, comme la voûte étoilée ou dynamique, comme un orage sur un glacier. Devant son spectacle, la sensation de n’être rien l’emporte mais, parce qu’il ne nous détruit pas, le sublime inspire le sentiment de respect. Il semble donc favoriser notre éveil moral. A son contact, l’humain se révèle comme un être spirituel.

Cette notion se traduit dans la représentation des paysages dès le début du XVIIIe siècle. La nature, parce qu’elle provoque en nous la force qui nous est propre, de regarder comme petites les choses dont nous nous inquiétons est appréciée comme sublime. Cette analyse procède donc, une fois de plus, d’une vision transcendantale : le paysage sublime est alors un paysage état-d’âme, à la fois source de peine, de satisfaction et d’introspection dans sa contemplation.

Comment expliquer  que l’humain puisse avoir, par la suite, dominé la nature à l’origine de ce sublime inspirant le respect ? Comment l’humain a-t ’il transféré ce rapport de domination via le choc et la violence ?

Il a suffit que  Nietzsche conteste cette moralisation d’une expérience qu’il compare à un allègement des sens. Retrouvant par là le sens chimique de la sublimation, passage de l’état solide à l’état gazeux, le sublime est pour lui un « domptage artistique de l’horrible ». Il semble alors, par son contenu de violence et d’absolu, nous faire atteindre un stade de transe. Il devient outil pour un être luttant contre ses besoins et ses désirs instinctifs pour dompter ses émotions et ressentis, pour maîtriser tout ce qui l’entoure et surtout lui-même.

Freud y voit clairement un détournement des pulsions sexuelles. Plus qu’une catégorie esthétique, le sublime est donc une expérience limite qui métamorphose le sujet. Le lien est fait, ce qui est sublime c’est ce que l’homme crée par ses pulsions sexuelles déviées – ou plutôt – déviant tout ce qui l’entoure d’un regard objectivant. Le désir légitimé dans le rapport esthétique du sublime se pose comme un accomplissement du patriarcat, dans l’art tout particulièrement.

Le mercredi 17 juillet 1985, à la demande de Serge July pour Libération, paraît sur trois pages le célèbre texte de Marguerite Duras, présenté comme une fiction littéraire, traitant de l’affaire de la Vologne surmédiatisée depuis 273 jours et titré  : « Marguerite Duras : sublime, forcément sublime Christine V. »

L’article se termine ainsi :

« Je parle du crime commis sur l’enfant, désormais accompli, mais aussi je parle du crime opéré sur elle, la mère. Et cela me regarde. Elle est encore seule dans la solitude, là où sont encore les femmes du fond de la terre, du noir, afin qu’elles restent telles qu’elles étaient avant, reléguées dans la matérialité de la matière. Christine V. est sublime. Forcément sublime. » Le sublime ici s’avère être vu pour ce qu’il est : la violence systèmique de notre société sur ceux qu’elle domine. Le sublime c’est le désespoir et la détresse de cette femme, de cet enfant, de tout spectateur en compassion. Cette violence vient-elle de notre nature ? Le sublime est-il déterminé en nous ? Où forçons nous le fonctionnement de la vie pour que notre essence domine ?


Du latin sublimis : « suspendu dans les airs », « qui va en s’élevant », le terme de sublime colle à peu près à la posture de l’homme et au système patriarcal. Allant en se dressant, venant faire frontière de contrôle, de respect d’un ordre social.  L’homme n’a jamais supporté de voir une once de déterminisme se dresser pour le mettre à taire/terre. Il a fallu qu’il oeuvre pour entrer doucement dans l’air que nous qualifions d’anthropocène et pour nettoyer son honneur face à cette nature qui l’avait fait se détourner de lui-même un instant ou y plonger trop profondément.

 Le mouvement conceptuel du sublime passe d’une méditation violente sur l’humilité humaine à une technique pour dominer ce qui nous effraie. Ce qui effrayait l’homme, c’était le sublime. Peu après, ce qui lui permet de dompter ces peur, c’est de maîtriser ce qui le dépasse, de sublimer.

L’origine de l’anthropocène serait-elle ce transfert de production du sublime de la nature à l’homme ?

L’art contemporain sera-t-il toujours plus violent tant que nous ne ferons appelle qu’au sublime pour nous exprimer ?

Cette oeuvre: Où est le sublime ? est une tentative de redéfinition de l’idée, une ouverture vers la contemplation d’un monde que nous détruisons. C’est une quête de réunion avec l’instinct intérieur que nous avons appris à dominer, à étouffer. Ce concept se lie bien sûr avec l’idée de la déesse immanente des mouvement Eco-féministe. Le sublime, part de chacun d’entre nous, nous lie à un éco-système qui nous dépasse, nous plonge dans l’empathie du vivant.

L’oeuvre s’inscrit dans la pratique artistique globale de l’artiste Aimée Fleury. Ses Eco-manifestes ont d’ores et déjà pris la forme de manifestations individuelles en nature pour défendre le concept d’Auto-muse et de la poursuite du sublime lors du premier confinement de 2020. Utilisant le drone pour réaliser des traces photographique des action passées, la démarche est ici, tout en s’assimilant au mouvement engagé des colleuses, de faire ré-apparaître un art militant dans la sphère contemporaine institutionnalisée, de re-donner sa valeur esthétique à la lutte féministe et écologiste.

AIMÉE FLEURY – BIO

 

Aimée Fleury est née à Paris en 1998. Ayant suivi une éducation rigoureuse dans une école jésuite non mixte, c’est toujours plus martyre qu’elle fait ses premiers pas au Pavillon Bosio, l’école d’art et de scénographie de Monaco.

Toujours plus tourmentée par une société répressive, régressive, violente, paternaliste, moralisatrice, égocentrique, expansionniste et névrotique, Aimée se construit un sanctuaire, une solitude Rilkéenne entre elle et les autres, assimilable à un no man’s land. Elle lance, tels des javelots, des œuvres toujours plus paradoxales dans cet espace de doutes, de conflits et de jugements.

C’est face à ce triste constat que l’artiste commence à aborder un travail plus atmosphérique, conceptuel et sociétal. Cherchant une esthétique de la douceur pour faire passer des appels à l’aide, sa matière première n’est autre que la substance sensible des individus qui l’entourent. Son protocole semble toujours partir d’un échantillonnage de l’agent perturbateur. Le travail trop «littéraire» qui en découle, donne à voir les contes de l’anthropocène. Vivant depuis toujours dans les paradoxes de son temps, la désolation qui en découle fait matière à la sublimation. Aussi désarmée que vous face aux images qu’elle convoque, l’artiste a pris le parti d’en rire plutôt que d’en pleurer.

Se recueillir dans une psycho à deux moteurs, faire un mouvement de retrait/fuite vers la nature et un militantisme exacerbé lui a semblé la démarche la moins futile au vu du monde qui l’entoure. Son complexe d’imposteur la freinant beaucoup, Aimée est doucement devenue une sorte de mythe par son absence.

L’état de conscience ou d’inconscience personnelle de l’artiste Aimée Fleury ayant fait défaut ces derniers temps, nous ne promettons pas son retour de façon imminente.

S’il laissait à penser que son départ fut définitif, alors nous vous tiendrions informés avant que sa cote ne monte de façon exponentielle.

Pour suivre son évolution, suivez son instagram via le lien ci-dessous :

https://www.instagram.com/aimeefleury/?hl=fr

Ce ne serait pas le premier artiste à avoir perdu pied face à la critique et aux regards extérieurs. Si toute cette histoire vous a touchée, prenez la responsabilité qui est la vôtre. Sortez de la passivité du spectateur lambda. Faites preuve de soutien quelque soit son envergure, chaque détail fait la différence.

Afin de participer directement et activement à la survie de l’artiste,

contactez la au:

06 26 19 76 14